C'est une histoire qui vient de se passer, ce mardi 11 mars 2008 , quelque part en banlieue parisienne. Je suis au restaurant avec un ami, il est midi quarante cinq, l'indien chez qui nous
avons choisi de nous restaurer est très réputé dans le coin. Cela fait sept ans qu'il est ouvert avec les mêmes patrons, deux frères, très sympathiques. la cuisine est irréprochable. Le
service idem.
Tout à coup, vers midi quarante cinq disais-je, une dizaine de policiers, en civil avec brassière orange POLICE pour certains et en uniforme "gardiens de la paix" pour d'autres,
s'introduisent assez brutalement dans le restaurant en s'adressant à la vingtaine de clients dont nous faisons parti : "C'est un contrôle de police, veuillez ne pas bouger !". Ils se dirigent vers
le fond du restaurant pour bloquer les accès aux cuisines. Voilà, nous sommes en plein contrôle de l'URSSAF ou un truc du genre.
Autant vous dire qu'à ce stade, le déjeuner au restaurant, qui est avant tout un moment de détente entre amis, est rapidement devenu pour l'ensemble des clients un moment très, très désagréable.
Imaginez l'ambiance : grise (il pleut ce mardi 11 mars 2008 sur la région parisienne) ; façon "La vie des autres" ou pire "rafle du vél. d'hiv" car c'est vraiment de cela dont il s'agit ici.
Après une bonne demi-heure de présence, plus ou moins bruyante, les forces de l'ordre, une dizaine de fonctionnaires payés par nos divers impôts et taxes, sont repartis en embarquant un travailleur
non-déclaré et , semble t-il, clandestin, ainsi que le gérant du restaurant, un honnête homme que je connais bien rappelez vous.
Maintenant je vais vous parler de ce restaurant :
Le patron (gérant) qui a été embarqué pour emploi d'un travaileur clandestin, a cinq salariés dûment déclarés et pour lesquels il paye des charges et des taxes en tout genre.
Le clandestin, c'est le plongeur en cuisine car comme la quasi totalité des restaurants parisiens, surtout en banlieue, notre ami ne trouve personne pour faire la plonge, trop loin, trop dur, pas
assez cher payé, j'en passe et des meilleures. Le chômeur bien français ne veut pas faire la plonge en 2008, surtout à Paris ! Quoi qu'il en soit c'est pour cela que notre ami s'est fait embarqué
et qu'il aura sans nul doute, une lourde amende à payer.
Le patron lui, il serait prêt à en payer un de manière officielle et déclarée mais il n'en trouve pas et sans plongeur, pas de vaisselle et de casseroles propres, donc pas de restaurant. Il n'a
plus qu'à fermer sa petite entreprise. Que nous dit on déjà ? Ah oui, faut créer de l'emploi et des entreprises, c'est vrai !
Ce qui me dérange vraiment dans tout cela, ce n'est pas le fait que ces policiers aient fait leur travail et que mon ami le restaurateur se soit fait arrêter, il le savait bien, c'est la règle du
jeu quand on triche.
Ce qui me dérange profondément ceux sont les méthodes employées. Débarquer à midi quarante cinq en plein service c'est le faire exprès pour couler un restaurant et devenir « désagréable »
aux yeux du peuple. Car quoi qu'on en dise, c'est pour les clients, dont je faisais parti, une expérience très désagréable, celle d'être assis aux premières loges d'un « reality show »
sur les rafles et les déportations (c'est comme cela je crois que l'on nomme le fait de prendre quelqu'un de force pour l'envoyer là où il n'a pas spécialement envie d'aller !), ou
mesure
d'éloignement des étrangers pour parler le politiquement correct. Désagréable de voir que l'on est impuissant face aux forces de l'ordre qui sont, rappelons le, à notre service, payées
avec nos impôts et nos diverses taxes, les miennes, les vôtres et celles de mon ami le restaurateur qui, au moment où j'écris ces quelques lignes, doit vivre un véritable cauchemar.
Alors qu'ils auraient fait un travail tout aussi efficace si ils étaient venu vers 11h30 ce matin, ou encore à 14h30 après le rush du déjeuner. Ah mais mon bon Monsieur, on voulait aussi griller
les clients qui fument ! Sauf que là il n'y en avait pas. Puis franchement, je ne sais pas pour vous mais moi je n'en ai pas vu un seul client qui fume depuis la nouvelle loi anti-tabac. Donc
mauvaise excuse, au cas où, ils auraient voulu l'utiliser pour justifier leur intervention à ces horaires là.
Et en allant plus loin, est-ce réellement utile à la France ? Est-ce réellement utile pour combattre le manque de compétitivité de nos entreprises dans la mondialisation ? Pour combattre la chute
du pouvoir d'achat ? La misère qui elle, pendant ce temps, augmente ses parts de marché ? Est-ce une solution pour endiguer le réchauffement climatique ? La pollution ? Le racisme ? Non je ne pense
pas.
Une fois de plus ceux sont de très mauvais choix qui sont fait par nos politiques qui, ça fait froid dans le dos, appliquent de plus en plus fréquemment, à la lettre, le programme présenté aux
présidentielles de 2002 et de 2007 par le Front National.
C'était sans doute l'événement le plus important de ce mardi 11 mars 2008 et c'est arrivé près de chez vous !